ACCIO POTTERFICTION

 

 

 

«Dès le début du XXème siècle, quand Conan Doyle mit fin aux aventures de Sherlock Holmes, les lecteurs décidèrent de poursuivre eux-mêmes l’oeuvre littéraire », raconte David Peyron.  C’est le début des fanfictions.

Refaire une histoire ou alors la compléter pour recréer et même transformer,   c’est proposer une sorte de suite, de préface ou un comblement d’ histoire reliant à une oeuvre (série, film, romans…).

L’essor des fanfictions se serait opéré à la fin des années 1970 avec l’univers de la série Star Trek, elles étaient diffusées à l’époque par des fanzines. Aujourd’hui, les plateformes numériques permettent d’étendre ce phénomène de création de la fandom (vidéos, montages vidéos, récits, montages photos…).
Le fan devient « produser », c’est-à-dire mi-consommateur, mi-producteur de contenu.

L’usage de fanfictions créent une communauté des personnes s’entraidant avec leurs propre récits et créant une interactivité entre les fans qui commentent, critiquent et proposent leur aide à l’écriture. Les fanfictions permettent de partager un fantasme. Les auteurs de fanfictions et autre produser de détournements constituent une population active avec ses interactions et ses réseaux de sociabilité.

La série de romans Harry Potter est la plus fanfictioner. Ces fanfiction on tout de même leur propre nom: Potterfiction. Nous étudierons justement  ces fanfictions et d’autres formes de créations de la fanzon ( des détournement de la saga, mais aussi des « Darry’s texting ») en nous intéressant de plus près à la création de l’histoire d’amour mettant en scène Draco et Harry. Nous allons essayer de comprendre, via des présentations sous format vidéos et des développements écrits, en quoi les productions de fans sont-elles encrées d’un intérêt créatif et d’expression de fantasmes ?

 

 


L’ensemble de ce mooc a été créé avec amour, par Lucile Fremaux, élève de la L3 ICAS (td2) à Lille 3. 

La création d’une histoire inattendu

 

 

 

 

 

Les produsers sont des admirateurs de la saga. Pour eux cela devient une alternative au journal intime, la production devient un partage de la passion et du fantasme. 

A. L’univers respecté

Nous sommes toujours dans l’univers magique, cela se passe toujours à Poudlard ou au sein du ministère ou encore dans le village.

Il y a les mêmes personnages, le même cadre spatio-temporel.  Les années sont respectées, cela ne se passe pas au moyen age , la trame de JK Rowlling est respectée tout comme les personnages. Les auteures de fanfiction se concentrent sur les personnages, leur psychologie et les relations qu’ils entretiennent entre eux ou alors créent des relations entre des personnages qui sont au départ non existantes.

Selon le principe de Michel de Certeau, les fans cherchent à prolonger et surtout à partager leur expérience de lecture.C’est un renouveau de l’imaginaire ou l’imagination et le potentiel de création du consommateur a sa place.

On assiste tout de même à un paradoxe entre l’histoire originale et fidélité de l’oeuvre. La fidélité est recherchée, mais l’inattendu et l’originalité le sont tout autant.

B. Apparition d’une nouvelle relation

Les membres de la faction Drarry exploite le fantasme de l’amour créer sur la haine. Relation où les deux se cherchent, se disputent et se battent pour ne pas s’avouer leur inclinaison. Les textes sont le plus souvent du genre Hurt/Comfort, c’est-à-dire un amour empreint de souffrance et voué à souffrir éternellement. Ce qui montre une continuité avec la relation conflictuelle créé par Jk Rowling.
Pourtant, dans la saga le destin de ses deux protagonistes est deja ecrit. La faction Drarry se définit alors dans le canon.

C. Homosexualité et Érotisme

Le plus souvent les recits concernant Drarry sont des slash/lemon (slash = récit amoureux avec personnages masulins; lemon = récit à caractère sexuel).

Dans les écrits, on trouve un mélange de brutalité dans les descriptions de l’acte mais de tendresse dans les propos. Par exemple : les auteurs conjuguent le verbe « baiser » et utilisent le nom « baisers ». Les auteurs exprime un fantasme de la relation homosexuelle. Mais aussi de celui d’un désir de domination, plus aisément représentable dans une relation de type hurt/comfort. Les auteures tentent alors de briser le caractère pudique et faire tomber les tabous adolescents de la saga.  Les fans font apparaître comme des non dits. Dans HP il n’est jamais questions de sexe entres les différents personnages, ni de relation amoureuse entre deux personnes du même sexe. La frustration est cassé grâce à une libido et des fantasmes exposée sur support numériques de façon, pour la plupart, anonyme.
Les fans ont alors su lire un subtext gay, ce qu’on peut remarquer par l’écriture de scénarios qui font  part de romance et de pornographie homosexuelle au sein de l’univers magique.

De la production à la consommation

 

A. La création du détournement :
Les fans utilisent parfois des images des films pour donner un nouveau sens, une nouvelle histoire. Ils mettent des scènes bout à bout pour pousser à faire croire qu’elles ont une connivence ensemble. Ils font des montages en remplaçant un personnage par un autre en mettant sa tête au dessus de l’autre par exemple. Les façons de procéder sont riches et variées; les producers ont recourt à toute sorte de stratagème pour rendre l’histoire entre Draco et Harry, possible.

Ce ne sont pas des fans passifs, ils créent, ils prennent du temps dans leur créations. C’est une façon d’exprimer aussi son soi, en même temps qu’on exprime son identité pour autrui.  Comme l’a expliqué Jenkins, « l’accès au fandom est conditionné non pas par des critères de race, genre, de niveau social mais par l’attachement à une œuvre ». Ils appartienent alors ensemble, à une communauté, répondant à des mêmes codes.
Pourtant,  les producers s’exposent  bien eux même, en choissisant leur faction témoignant ainsi de leur identité pour soi ; faction comprise au sein d’une même fandom témoignant de son identité pour autrui.

Leurs créations sont conditionnées par leur propre interprétation de l’histoire original, comme j’ai pu le dire plus tôt.

 

B. Sa diffusion sur diverses plateformes
Internet nous permet de tout partager rapidement, et efficacement. On peut être commenté, noté, critiqué… Que ce soit sur des sites comme youtube, facebook ou fanfiction.net ; on a la possibilité de montrer gratuitement et facilement son œuvre, et à un large public. Et de recevoir les avis de ce dernier.

Ceci est aussi une preuve de l’identité pour autrui, comme l’explique Claude Dubar, les auteurs sont ce qu’ils sont car ils se savent vu ou lu. Et le mode de diffusion le démontre, ils cherchent à être exposé.

Néanmoins, le mode de diffusion n’est pas à but commerciale, même si certain, comme amazone, tente aujourd’hui de mettre en vente des fanfics, les producers ne marchandent que très rarement leurs œuvres. Car en plus de produire, ils consomment.

 

C. Sa consommation

« Les fanfictions constituent un moyen d’expression de soi pour les jeunes, notamment parce qu’elles permettent facilement d’utiliser divers médias et de convoquer de multiples univers médiatiques dans un étrange syncrétisme » confie Hélène Sagnet.

Les sites sont des sites ouvert au public, gratuit, et riche. Youtube est une des plateformes les plus utilisée (43000 videos par secondes dans le monde). Autant pour les détournements, que pour les fanfictions.

Sur le site français fanfic-fr.net on peut lire 11 562 histoires, rédigées par 4 154 auteurs. 9 727 personnes sont membres. Certaines fanfictions sont traduites dans le monde entier: il y a une certaine idée de mondialisation autours des récits. Cette facette de la communauté de fan est facilité par l’ère du numérique pour lire rapidement et n’importe où. Cela permet d’accéder à un public plus large et éclectique.

Cyber relation et partage/expression de son identité

 

 

 

A. Production féminine

Après l’ étude de prologue, de commentaires et les fiches de présentation d’auteures nous pouvons voir que les produsers sont presque exclusivement de genre féminin. Nous pouvons voir que les écrits nous apprends beaucoup plus sur le producteur que sur l’objet produit en lui même. Elles ne cachent pas leur identités (age qui est plutôt jeune : 15-30, genre, goûts…) et savent que ceci sera lu par leurs communautés de fan fiction.  Pour Sébastien François, « il s’agit avant tout d’apprivoiser le sexe, le couple, par une mise à distance idéalisée. Raconter une sodomie lorsqu’on est vierge n’engage absolument pas son propre corps, surtout quand l’acte est réalisé entre deux hommes ».

Les jeunes femmes/filles sont tiraillées entre le désir de parler de soi, à partir et au travers de ces fictions, et la nécessité de prendre en compte le regard (ou plutôt la lecture) d’autrui. Elles se savent lues, ce qu’il influence leur écriture. D’une part, car il faut qu’elles restent dans le canon, et respectent l’univers pour être eligible au sein du fandom, de l’autre elles se doivent de paraître, de témoigner de ce qu’elles veulent transmettre sur leur propre existence et vécu.

B. Relation entre les fans

Il y a dans un premier temps un échange direct entre le lecteur et l’auteur. La création d’un univers rien qu’à eux, une uniformité du même fantasme.

 

lol1

Ensuite il y a de l’entre-aide dans les commentaires sur le style, le format, la trame en elle même, cela devient un espace ouvert aux critiques.On retrouve des petites phrases de prélude « dites moi ce que vous en pensez ».  La relation entre les internautes se fait grâce à des conseils, critiques mais également aux partages. La communauté partage les différents détournements consacrés à Drarry, sur les réseaux sociaux par exemple. L’interaction est donc présente.

Les fans partagent les mêmes fantasmes, et produisent une communauté autours de celle-ci. Dans ce mooc, je me suis focalisé sur la faction Drarry; pourtant il y a des Potterfictions qui appartiennent à d’autres. On peut trouver des fractions qui inventent d’autres relations amoureuses et/ou sexuelles (Hermione et Severus par exemple), des histoires où les auteurs racontent leur propres histoire en tant qu’élève de Poudlard, ou en tant qu’amies/amoures des personnages principaux de la saga.

Ce ne sont pas des fans passifs, mais des producteurs les auteurs de fanfictions constituent une population active avec ses interactions et ses réseaux de sociabilité.

REDUCTO LE MOOC

tumblr_lg5sssnmuh1qgh97qo1_500

 

 

 

 

 

Pour conclure ce mooc nous pouvons dire que même si les fanfictions sont aujourd’hui une nouvelle forme d’imaginaire, elles n’en restent pas moins rattaché à la trame de l’oeuvre. Dans le cas de l’histoire de Drarry nous pouvons voir que c’est là un fantasme créant toutes une communauté de fan et aujourd’hui grâce au nouvelles technologies, il est de plus en plus simple de communiquer avec des internautes partageant les mêmes fantasmes. De plus, celles ci permettent aussi d’avoir un support plus large pour créer ces histoires.  Aujourd’hui il existe des concours élisant les meilleurs auteurs de fan fiction nous pouvons alors nous demander si ces internautes pourront un jour devenir écrivain à part entière et être reconnu pour leur histoires comme ce qui est arrivé à Meg Cabot, célèbre auteure de la saga « Le journal d’une princesse » qui était au départ simple auteure de fanfictions qui s’appuyait sur « Fantasy » d’Anne Mcffrey.

 

Dissensium vers le savoir

Maintenant, vous allez devoir répondre à quelques questions afin d’obtenir votre Buse Mention Drarry. Have Fun.

 

 

 

 

Avant de vous quitter, voici ma bibliographie suivit de ma sitographie; qui ont été toutes deux, mes seules camarades de travaille.

 

 

FRANÇOIS S. (2008), « Les fanfictions : nouveau lieu d’expression de soi pour la jeunesse ? », Agora Débats/jeunesses, n° 46, p. 58-68.

 

Les sites/articles/webdocs que j’ai consulté pour mes recherches :

http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2014/09/10/webdoc-citizenfan-plongez-lunivers-fanfiction254774

http://etude.fanfiction.free.fr/master_auteurs.php

http://citizen-fan.nouvelles-ecritures.francetv.fr/partner.php/musee?canonId=Harry%20Potter

http://www.la-psychologie.com/freud%20president%20schreber.htm